Essai d’anthropologie de l’économie grise: comportement économique des locataires d’un immeuble au Dorćol
DOI :
https://doi.org/10.21301/eap.v8i1.4Mots-clés :
économie grise, anthropologie d’obtention non-formelle de revenus, microsystèmes économiques, études de cas, BelgradeRésumé
C’est à l’aide des méthodes ethnographiques d’observation et d’interview non-structurée que nous analysons dans cet article une étude de cas du comportement économique des locataires d’un immeuble dans le centre de Belgrade. Les indices extérieurs de la consommation, ainsi que les découvertes des chercheurs sur les professions et les revenus d’un certain nombre de locataires, ont mené à la conclusion sur la part considérable de l’économie grise dans les revenus des ménages observés. L’objectif de l’étude, dans le cadre d’une „anthropologie d’obtention non-formelle de revenus“, ici à peine esquissée, est de rendre compte de l’absence des données statistiques officielles sur les revenus des citoyens nécessaires pour faire des estimations sur le niveau de vie, laissant en dehors des statistiques et des données officielles un vaste domaine des manières non-formelles d’obtention des revenus, celles-ci permettant à un nombre considérable des citoyens de Serbie de survivre plus facilement et leur assurant une situation financière meilleure par rapport aux estimations officielles. Aussi, l’une des intentions de cette étude a été – en associant l’économie grise et le comportement politique des citoyens - de rendre compte de la motivation politique et non pas économique des soulèvements des citoyens de Serbie dans les deux dernières décennies. Pourtant, cette seconde motivation était à prévoir étant donné la situation économique désastreuse dans le pays, souvent mise en évidence dans le discours public, et si l’on tient compte des différents événements et paramètres – à commencer par l’hyperinflation de la première moitié des années 90, en passant ensuite par les sanctions internationales, la consommation publique accrue de tous les régimes au pouvoir dans la période passée, le grand déficit et la dette publique, jusqu’à enfin l’absence des réformes économiques indispensables et adéquates. Dans une telle situation, l’on ne peut que rester perplexe devant l’absence de révolte des citoyens pour des raisons économiques, sauf si l’on ne cherche la réponse dans l’économie grise qui continue à assurer à un grand nombre des habitants de Serbie une existence plus aisée que ne le font croire les données officielles.
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