La notion de bridewealth : Contribution à la terminologie utilisée dans le domaine des dons matrimoniaux
DOI :
https://doi.org/10.21301/eap.v1i1.8Mots-clés :
avantages matrimoniaux, prix de la mariée, dot, « cadeau d’adieu », mehrRésumé
La présente étude représente une tentative d’introduire un certain ordre dans la terminologie utilisée dans le domaine des dons matrimoniaux, qui devient de plus en plus complexe au cours de ces dernières décennies. Par ailleurs, l’étude vise à réaffirmer l’idée d’une évolution des dons matrimoniaux. Les historiens du droit, les ethnologues et les anthropologues se sont focalisés, au cours de ces dernières décennies, sur la spécificité des dons matrimoniaux dans différentes cultures, à des époques différentes. Cette étude insiste, au contraire, sur la nécessité de procéder à une systématisation des résultats obtenus.
Combiner l’histoire du droit avec l’ethnologie et l’anthropologie permet de préciser la notion du brideprice (mot-à-mot: « le prix de la fille »), de la renforcer et de lui rendre sa valeur d’usage. Une telle approche permet d’établir un lien entre le brideprice et les dons matrimoniaux accordés par la famille du marié au père de la mariée, qui pouvait en disposer à sa guise.
Par ailleurs, cette étude relève un autre type de dons matrimoniaux qui a été injustement négligé, oublié, voire mal défini par un certain nombre d’auteurs. Il s’agit des dons matrimoniaux accordés par la famille du marié et dont le destinataire, direct ou indirect, était la jeune fille elle-même. Ce type de don matrimonial ne pouvait être utilisé par le père de la mariée pour satisfaire à ses propres besoins; celui-ci était tenu de le remettre à la jeune fille, partiellement ou dans sa totalité, le jour où le mariage était conclu. Le don était apporté par la jeune fille sous forme de trousseau et, plus tard, sous forme de dot. A une époque plus tardive, on a même abandonné la pratique de remettre, symboliquement, le don au père de la mariée; la jeune fille le recevait directement. Ces nouveaux dons matrimoniaux ne sauraient être considérés comme relatifs à l’achat de la mariée; le terme « dot indirecte », proposé par Goody, n’est pas approprié puisqu’il en donne une fausse image. Aussi l’auteur prend-il la liberté de proposer, en l’absence de terme approprié, celui de nevestnina pour désigner à la fois les deux types de dons matrimoniaux. Ce terme représenterait un équivalent serbe du terme bridewealth utilisé par les anglophones pour remplacer celui de brideprice, stigmatisé comme politiquement incorrect. Pour désigner cette pratique à une époque plus tardive, l’auteur propose le terme de « cadeau d’adieu ».
L’évolution de ces dons matrimoniaux a été illustrée sur l’exemple du mahr arabe. Cet exemple permet de souligner l’importance d’un cadre théorique lorsqu’on procède à une analyse des dons matrimoniaux; en effet, au cours de son histoire, le mahr a trois fois changé de forme, sans changer de nom. Par ailleurs, l’auteur insiste sur l’importance d’une coopération étroite entre l’ethnologie et l’anthropologie, d’une part, et l’histoire du droit, d’autre part: seuls les échanges et l’harmonisation permettent d’élever la réflexion à un plus haut niveau d’abstraction et de fournir une image plus nuancée et plus précise de l’évolution des dons matrimoniaux.
Téléchargements
Références
Téléchargements
Publiée
Comment citer
Numéro
Rubrique
Licence

Ce travail est disponible sous licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.


