De l’épistémologie en archéologie : critique du texte Perspective épistémologique de l’archéologie de Marko Porčić

Auteurs

  • Predrag Novaković Department of Archaeology, Faculty of Arts, University of Ljubljana, Slovenia

DOI :

https://doi.org/10.21301/eap.v14i3.2

Mots-clés :

fouilles archéologiques, archéologie, épistémologie, connaissance archéologique, pratique archéologique, méthodes, internalisme

Résumé

Ce texte est une réaction à l’article de Marko Porčić publié dans ce numéro de Problèmes d’ethnologie et d’anthropologie où il présente son point de vue sur la nature épistémologique et le statut des fouilles dans le processus archéologique d’acquisition des connaissances. Nous argumentons dans notre texte que l’analyse épistémologique de M. Porčić est simplifiée, inconsistante et basée sur les concepts de l’analyse épistémologique de la science dépassés, et surtout sur l’approche internaliste qui, ne prenant en compte que l’épistémologie intra-disciplinaire, sépare strictement la théorie de la pratique en minimisant ainsi en grande mesure le potentiel pour une étude de l’épistémologie de l’archéologie. L’observation d’une discipline scientifique, surtout si elle est une discipline scientifique humaine, comme l’est l’archéologie, uniquement par son appareil catégoriel et conceptuel disciplinaire interne et par les manières de réflexion, conduit inévitablement à une grande réduction de compréhension de la construction de la connaissance en archéologie. Si l’idéal des sciences dites exactes, auquel Porčić tient, a été de séparer le plus strictement possible les objets des sujets et de garantir ainsi la neutralité (l’objectivité) de la connaissance – l’idéal de la théorie de la science de la première moitié du XXe siècle, aujourd’hui déjà dépassé à bien des égards même dans les sciences exactes – l’élément constitutif des sciences humaines est la relation (auto)réflexive et l’interactivité des chercheurs avec « des autres gens et leurs œuvres » et par là un rôle complètement différent du « sujet » et de son environnement. Conformément à son approche internaliste, Porčić essaie d’observer la structure épistémologique de l’archéologie et ses manières de construction de la connaissance à travers le soi-disant modèle épistémologique général, comme il l’appelle lui-même, selon lequel la recherche commence par l’articulation de la proposition antérieure (l’hypothèse) et ensuite suivent son contrôle et sa vérification finale qui confirme la nouvelle connaissance. Désireux de conserver « la neutralité » de l’analyse épistémologique, Porčić ne prend pas en compte le fait que toute connaissance, donc la connaissance scientifique aussi, est conditionnée historiquement et culturellement ; ce fait présente la base de toute réflexion sur la connaissance, sur les manières de son acquisition et elle est surtout évidente dans les sciences humaines, et sûrement présente dans l’épistémologie des sciences dites exactes sur lesquelles s’appuie le texte de Porčić. Son insistance stricte sur le champ « théorique » et l’ignorance totale de l’activité pratique dans le processus de l’acquisition des connaissances est présenté dans une série d’assertions complètement erronées, comme celle, par exemple, sur la redondance (théorique) des fouilles archéologiques, c’est-à-dire, la finalité (la limitation) du questionnement archéologique qu’il atteint en faisant des exercices syllogistiques simples provenant souvent des points de départ faux ou tautologiques. L’illustration peut-être la plus évidente d’une grande limitation et de l’insuffisance de l’application du soi-disant modèle épistémologique général pour l’archéologie est la négligence de l’archéologie préventive (conservatrice) à laquelle il nie pratiquement tout poids épistémologique, bien que plus de 90% de toutes les recherches sur le terrain en Europe soit mené dans ce contexte, et il persiste ainsi non seulement sur une image extrêmement réduite de l’archéologie, mais il néglige les points de vue épistémologiques importants de la discipline archéologique.

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Publiée

2021-12-08

Comment citer

Novaković, Predrag. 2021. « De l’épistémologie En archéologie : Critique Du Texte Perspective épistémologique De l’archéologie De Marko Porčić ». Problèmes d’ethnologie Et d’anthropologie 14 (3):769–787. https://doi.org/10.21301/eap.v14i3.2.