Recherches anthropologiques sur le phénomène de la possession: Aspects et implications sociales
DOI :
https://doi.org/10.21301/eap.v1i2.4Mots-clés :
obsession, exorcisme, approches théoriques, aspects sociaux du phénomène de la possessionRésumé
La possession, dans ses nombreuses manifestations, représente un facteur particulièrement important dans un grand nombre de religions et cultes à travers le monde. Malheureusement, à l’échelle nationale, ce problème n’a guère suscité à l’attention des chercheurs issus des cercles anthropologiques. En revanche, au niveau international, les travaux sur le problème de la possession ne cessent de se multiplier; des théories riches en implications prennent de l’essor sur la base d’un matériel ethnographique abondant et pittoresque, recueilli dans de différentes cultures.
Sans doute A.M. Lewis, anthropologue social britannique, est-il le chercheur le plus éminent dans le domaine de la possession et de ses conséquences sociales. Lewis a introduit les catégories opératoires de possession périphérique et centrale dans les études de ce phénomène; il a proposé une classification des différents types de la possession; il a démontré que ce phénomène offrait une rare occasion aux personnes marginalisées ou privées de leurs droits d’attirer l’attention sur leurs problèmes et d’ouvrir la voie à une mobilité sociale verticale.
Bien que la nouvelle approche adoptée par Lewis ait connu une grande publicité et une reconnaissance mondiale, ses travaux ont été en butte à une série de critiques formulées par les auteurs de différentes orientations. A les examiner de plus près, on s'aperçoit cependant que ces critiques ne reposent que sur une faible argumentation, ou ne tiennent pas compte des amplifications et des modifications apportées à ses postulats par Lewis lui-même.
Progressivement, on a commencé à examiner le phénomène de la possession en adoptant de différents points de vue ; de nouveaux exemples sont venus enrichir les ethnographies existantes ; on a identifié les nombreuses fonctions du phénomène dans les cultures où il figurait comme un facteur important ; on a procédé à des analyses basées sur des approches théoriques et méthodologiques multiples. Gellner, Gomm, Giles et Lambeck – pour ne citer que quelques noms évoqués le plus souvent – ont contribué de façon significative à l’étude de ce phénomène. Cependant, après de longues années de recherches, on constate que même les travaux qui semblent marquer un pas décisif en avant par rapport aux études de A.M. Lewis ne font qu’appliquer ses postulats de base sur un matériel nouveau; tout au plus identifient-ils quelques nouvelles fonctions assumées par le phénomène dans les différentes communautés étudiées.
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